Interview de Stéphanie Gicquel, sportive de l'extrême

Interview de Stéphanie Gicquel, sportive de l'extrême

Pourrais-tu te présenter ?

Je suis sportive de l’extrême. J’évolue dans deux univers en lien avec l’extrême : le sport de haut niveau en athlétisme dans les disciplines du grand-fond et de l’ultra-fond et l’exploration des régions polaires (Arctique et Antarctique). 

J’ai notamment parcouru 2045 km à travers l’Antarctique via le pôle Sud en 74 jours, une expédition réalisée il y a sept ans et qui reste encore à ce jour la plus longue expédition à pied sans voile de traction réalisée par une femme sur ce continent. Cette expédition est inscrite au Guinness World Records. 

J’ai aussi couru au pôle Nord géographique, sept marathons en sept jours consécutifs en Antarctique et autour du monde, et plus de 240 km en 24 h non-stop lors des derniers championnats du monde avec l’équipe de France d’athlétisme. 

Je prépare actuellement les championnats d’Europe d’ultra et les championnats du monde de 100 km avec l’équipe de France - ces deux échéances internationales auront lieu en 2022. 

Pourrais-tu nous dire où tu as grandi ?

Je suis née à Carcassonne et j’ai grandi dans la banlieue de Toulouse. J’ai évolué dans un environnement familial très éloigné du sport de haut niveau et du sport-aventure.

Comment es-tu devenue exploratrice polaire ?

Ce n’est pas quelque chose qui s’est fait du jour au lendemain, le chemin a été très long.

Très tôt, j’ai voulu voyager, découvrir le monde car quand j’étais jeune je ne voyageais pas à l’étranger. Je crois aussi que j’ai eu conscience assez vite du fait que la vie est courte et qu’il faut se mettre en mouvement.

Je me suis focalisée sur les études car je me suis dit qu’elles me donneraient les clefs pour pouvoir entreprendre, car avant tout être aventurier, être sportif de haut niveau, c’est une question d'entrepreneuriat. Les études étaient un moyen de m’émanciper.

J’ai fait une école de commerce et j’ai exercé la profession d’avocate d’affaire spécialisée en fusion acquisition et LBO. Un domaine également éloigné de l’univers dans lequel j’ai grandi. J’ai remboursé les emprunts d’étudiant par une vie en entreprise pendant plusieurs années.  

En parallèle, l’envie de voyage s’est progressivement précisée. J’ai développé une passion pour le sport d’endurance extrême notamment l’ultra-trail et l’ultra-fond c’est-à-dire la course à pied sur longue distance et une passion pour les régions polaires. J’aime le froid, la blancheur, les déserts… 

J’ai eu ensuite une vie d’entrepreneure, de sportive de haut niveau, d’exploratrice.  D’auteure aussi.


Comment es-tu concrètement passée d'avocate à exploratrice de l’extrême ?

Comme évoqué, cela a été un long cheminement qui a été ponctué de rencontres clés : celles d’explorateurs, d’alpinistes, et de sportifs de haut niveau, avec lesquels j’ai eu l’occasion de m’entraîner, en montagne notamment.

Cet environnement éloigné de l’univers dans lequel j’ai grandi est devenu mon quotidien au fur et à mesure de ces rencontres, de mes entraînements, de mes expériences.

Ce rêve polaire qui était juste une idée à la base, n’est pas resté au stade de l’idée et a fini par devenir un objectif. Au bout d’un moment, les lectures de récits d’aventure à travers les déserts blancs ne suffisaient plus ; il fallait que j’y aille. 

Je suis très curieuse et émerveillée, ce qui me conduit à m’intéresser à de nombreux sujets. Lorsque l’un d’entre eux me passionne, la conscience que la vie est courte me pousse à me lancer et je donne ensuite le maximum sur ce chemin. Je repousse mes limites. 

Il faut plusieurs années pour monter et préparer une expédition. Plusieurs années aussi pour s’entraîner et améliorer un record dans le sport de haut niveau. Et il faut aussi la force de la persévérance, la force du travail, et la force de la confiance que tout est possible.

Devenir exploratrice, était-ce un rêve ?

Lorsque j’étais enfant, je rêvais de voyager et j’ai toujours beaucoup aimé le sport, l’activité physique en extérieur, sans pour autant être affiliée à un club car j’ignorais leur existence. J’aimais rechercher le geste parfait. J’aimais les sports qui nécessitaient beaucoup de temps, de répétition pour acquérir une technique. Je faisais beaucoup de sport sans le savoir.

Ce qui est assez atypique dans mon cheminement c’est que j’ai commencé par le sport d’aventure avant d’évoluer dans le sport de haut niveau. L’inverse est plus courant. L’envie de voyager m’a amenée vers ce chemin-là et notamment les voyages que j’ai eu l’occasion de faire durant mes études en école de commerce.

L’envie était forte de parcourir les grands espaces, expérimenter la solitude, la plénitude, le sublime des paysages qui nous entourent.

Quand on se lance dans des projets qui font vibrer, quand on est là où on avait envie d’être, on se sent vivant. Bien sûr que l’on passe par des moments d’effort et de souffrance, mais comme l’exprime un autre explorateur, Richard Byrd, ces environnements se méritent car ils ne se laissent voir que des personnes qui expérimentent ces étapes.

C’est vrai dans tout, dans le sport, l’exploration ou dans l’entreprenariat : le chemin donne encore plus de plaisir que l’atteinte de l’objectif.

Quels conseils pourrais-tu partager pour mettre en place une discipline ?

La discipline est un élément clé pour atteindre un objectif au même titre que le travail du détail, l’anticipation, l’envie, le niveau d’énergie.

Je consacre un chapitre de mon dernier livre "En mouvement" à cette ressource. La discipline permet l’adaptation. J’ai pu prendre davantage conscience au fur et à mesure de mes collaborations à différents protocoles de recherche et parutions d’articles scientifiques sur l’adaptation du corps humain avec des chercheurs de l’INSEP, du laboratoire Sport Expertise et Performance, de l’Institut de Recherche Biomédicale des Armées, etc. 

Je faisais déjà preuve de discipline avant de me lancer dans le sport-aventure. Dans le domaine du sport de haut niveau, la discipline c'est par exemple suivre son plan d'entraînement malgré des conditions météos rebutantes. Mais cela ne signifie pas pour autant s’entêter, se blesser ou se rendre malade. Trop de discipline peut nuire à la performance ou à l’atteinte de ses objectifs. Il faut trouver un bon équilibre.

A force d'expériences, d’expéditions, de pratique du sport de haut niveau, j’ai pu constater qu’un détail pouvait faire toute la différence (un aliment, un frottement de chaussette etc.) et peut entraîner un abandon ou un échec.

L’anticipation permet de gérer le stress et réduire les risques. Cela permet de ne pas subir. Il ne reste ensuite plus que les obstacles imprévisibles.

Il y a aussi une question de motivation sincère, de temps long. Il faut savoir s'entourer des bonnes personnes pour aller plus loin.

Pour finir, un autre point essentiel est le niveau d'énergie. La récupération, le sommeil et l’alimentation y contribuent, et pas uniquement les calories mais aussi la densité micro-nutritionnelle des aliments qui composent notre assiette. 

Comment as-tu connu Circle ?

J’ai rencontré Romain Trebuil il y a quelques années. J’interviens régulièrement auprès des réseaux d’entrepreneurs, le Salon des Entrepreneurs, Go Entrepreneurs, l’Institut du Mentorat Entrepreneurial, la Fabrique Aviva, BPIFrance Inno Generation, le Réseau Les Premières, Femmes d’Ici et d’Ailleurs etc. et suis marraine depuis janvier 2021 du réseau Femmes des Territoires. Au sein de ce réseau, notre objectif est de favoriser les interactions constructives autour de projets entrepreneuriaux portés par des femmes et, grâce au partage d’expériences, trouver plus efficacement les moyens de faire démarrer chacun de ces projets, en particulier par l’élaboration de business plans et la recherche de financements adaptés.

Je suis également engagée auprès d’organisations pour la préservation de l’environnement et ai fondé une association pour promouvoir les régions polaires. Je suis sensible aussi à la mode et en particulier la mode éco-responsable. Et naturellement j’aime le sport… Notre rencontre était donc plus qu’évidente !

Qu'est-ce que tu aimes Chez Circle ?

Les actions en matière d’éco-responsabilité, les valeurs – notamment consommer moins mais mieux, l’exigence de technicité et de performance - le design, les couleurs, l’audace, la modernité, la simplicité.

QUAND PORTES-TU CIRCLE ?

J’ai notamment eu l’occasion de tester les prototypes de la marque à l’entraînement, que ce soit sur piste à Paris, à l’INSEP, à Font-Romeu au Centre National d’Entraînement en Altitude ou bien lors de mes séances de trail en nature.


QU'EN AS-TU PENSÉ ?

J’aime la polyvalence des équipements que j’ai pu tester. Leur adaptabilité aussi aux différentes conditions environnementales - pluie, froid, chaleur.