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Françoise Meigné

À la suite d’un cancer du sein, j'ai "perdu" mes deux seins ; un par obligation thérapeutique, l'autre par choix prophylactique. Tout de suite après la 1ère mastectomie, j’ai ressenti le besoin de reprendre ma vie en main. En effet, dans mon parcours de soins, j’ai été prise en charge, "dirigée" plutôt que guidée, presque dans un état de soumission face à l’expertise des médecins : les sachants. Je leur avais confié ma vie. Une fois soignée, (pas guérie), il fallait que j’aie la main, d'autant plus qu'à la fin des traitements, du jour au lendemain, je me suis sentie délaissée.

Je suis allée, au plus vite, voir ce qu'il existait comme « solutions techniques » pour palier l’altération de ma silhouette  Je suis pragmatique, je ne voulais pas paraître comme avant mais plutôt me donner les moyens d’être différente, en accord avec la perception de mon nouveau corps, avec bienveillance et respect. Des « solutions techniques » il y en a, et de très belles ; des prothèses douces et soyeuses comme la peau, de formes variées, des mamelons de toutes les couleurs. Les spécialistes dans le domaine sont à l’écoute, débordantes d’empathie.  Ce qu'il manque à ces palliatifs, c’est le confort et la féminité de "l’enveloppe" : le soutien-gorge.

Le confort tout d'abord, car aucune ne tient compte d'une silhouette modifiée par l'ablation d'un sein (taille de bonnets versus tour de poitrine). Les tissus et les coutures proposés ne conviennent pas à une peau fragilisée par les cicatrices et la radiothérapie, ils se transforment en dispositifs agressifs. La féminité ensuite car j’ai ressenti qu’il fallait que je comble un manque plus ou moins conscient.

J'ai la chance d'avoir été soutenue, épaulée par mes proches. Ainsi, une de mes filles, Sylvanie, mettant à ma disposition ses compétences dans le domaine des textiles, s'est donné comme mission de s’attaquer à ce défaut d'offre de sous-vêtements adaptés. Ensemble nous avons élaboré un cahier des charges précis, le plus exhaustif possible. Sylvanie a mis en avant le fait que je pratiquais beaucoup plus d'activités physiques qu'auparavant. Nous avons donc, en synergie, réfléchi à un modèle de brassière qui alliait ; technicité, féminité, confort et réconfort.

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Françoise Meigné

"À la suite d’un cancer du sein, j'ai "perdu" mes deux seins ; un par obligation thérapeutique, l'autre par choix prophylactique. Tout de suite après la 1ère mastectomie, j’ai ressenti le besoin de reprendre ma vie en main. En effet, dans mon parcours de soins, j’ai été prise en charge, "dirigée" plutôt que guidée, presque dans un état de soumission face à l’expertise des médecins : les sachants. Je leur avais confié ma vie. Une fois soignée, (pas guérie), il fallait que j’aie la main, d'autant plus qu'à la fin des traitements, du jour au lendemain, je me suis sentie délaissée.

Je suis allée, au plus vite, voir ce qu'il existait comme « solutions techniques » pour palier l’altération de ma silhouette  Je suis pragmatique, je ne voulais pas paraître comme avant mais plutôt me donner les moyens d’être différente, en accord avec la perception de mon nouveau corps, avec bienveillance et respect. Des « solutions techniques » il y en a, et de très belles ; des prothèses douces et soyeuses comme la peau, de formes variées, des mamelons de toutes les couleurs. Les spécialistes dans le domaine sont à l’écoute, débordantes d’empathie.  Ce qu'il manque à ces palliatifs, c’est le confort et la féminité de "l’enveloppe" : le soutien-gorge.

Le confort tout d'abord, car aucune ne tient compte d'une silhouette modifiée par l'ablation d'un sein (taille de bonnets versus tour de poitrine). Les tissus et les coutures proposés ne conviennent pas à une peau fragilisée par les cicatrices et la radiothérapie, ils se transforment en dispositifs agressifs. La féminité ensuite car j’ai ressenti qu’il fallait que je comble un manque plus ou moins conscient.
J'ai la chance d'avoir été soutenue, épaulée par mes proches. Ainsi, une de mes filles, Sylvanie, mettant à ma disposition ses compétences dans le domaine des textiles, s'est donné comme mission de s’attaquer à ce défaut d'offre de sous-vêtements adaptés. Ensemble nous avons élaboré un cahier des charges précis, le plus exhaustif possible. Sylvanie a mis en avant le fait que je pratiquais beaucoup plus d'activités physiques qu'auparavant. Nous avons donc, en synergie, réfléchi à un modèle de brassière qui alliait ; technicité, féminité, confort et réconfort."